Mettre fin à l’hyprocrisie d’un système à deux vitesses : pour une nouvelle opération Papyrus !

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Face à l’urgence sociale que la crise sanitaire a exacerbée à Genève, il est primordial de rappeler que les employeurs et employeuses ont également des obligations. Être employeur, ce n'est pas seulement diriger une entreprise ! Embaucher une personne pour effectuer le ménage ou garder ses enfants fait aussi de nous un employeur, une employeuse. Dès lors, des obligations nous incombent, en particulier : cotisations aux assurances sociales, respect des salaires minimaux prévus dans les conventions collectives de travail (CCT) ou les contrats-type de travail (CTT) ou encore le versement d’un salaire.

Des solutions destinées aux ménages privés comme « Chèque service » permettent de faciliter les démarches administratives pour déclarer aux assurances sociales les salaires des personnes travaillant à domicile. Pas d'excuse donc pour les employeurs : tout est simplifié !

 

Sur le front de l'urgence sociale, une étude récente des HUG et de plusieurs organisations a permis de déterminer le profil des personnes qui attendent de longues heures aux Vernets pour se nourrir : plus de la moitié des personnes interrogées sont sans-papiers.

 

L'opération Papyrus, lancée par l’Etat de Genève en 2017, a mis en évidence que la très grande majorité des sans-papiers proviennent du secteur de l'économie domestique – près de 3'000 personnes devraient être régularisées à l'issue de Papyrus dont 3/4 d'entre elles travaillaient dans l'économie domestique. Près d'un dossier sur quatre faisait l'objet d'infractions dans ce secteur particulier.

 

Papyrus a généré une forte croissance du nombre de contrats « Chèque Service » les années suivantes. Entre 2016 et 2019, le nombre de ces contrats est passé de 6'000 à 10'000. La régularisation a donc été bénéfique : les employeurs ont davantage tendance à se mettre en conformité avec la loi qu'à se séparer de leurs employé.e.s régularisé.e.s. Cela évite également une perte de cotisations en faveur des assurances sociales.

 

Malgré la réussite de Papyrus, la situation sociale genevoise est extrêmement préoccupante et il est indispensable d'agir à tous les niveaux institutionnels.

 

Au niveau fédéral, il est devenu plus qu’urgent de revoir la loi sur les étrangers, et plus particulièrement le fait que les étrangers.ères au bénéfice d’un permis B ou L peuvent voir les permis résiliés au motif que « l’étranger lui-même ou une personne dont il a la charge dépend de l’aide sociale » (art. 62let. e LEtr). Cette réalité oblige beaucoup de personnes à trouver d’autres solutions de peur d’être renvoyées, quitte à vivre dans une extrême pauvreté.

 

Au niveau cantonal, il faut continuer à agir au moins à deux niveaux. Premièrement, une croissance significative des moyens attribués à l'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail (OCIRT) permettrait davantage de contrôles pour améliorer les conditions de travail à Genève. Aussi, il est essentiel qu'une nouvelle opération Papyrus avec des critères assouplis puisse voir le jour.

 

Les villes de gauche doivent être des remparts contre les politiques d’austérité fédérale et cantonale mais nous avons besoin de tous les échelons pour travailler sur les causes afin d'agir de manière efficace.

 

La Ville de Genève en lien avec les communes genevoises, l’Etat et les associations doivent organiser à mon sens des distributions alimentaires sur différents lieux plusieurs jours de la semaine. En tant que future Conseillère administrative chargée de la cohésion sociale et de la solidarité, je m’y engage tout comme à développer des solutions concrètes pour que chacun.e, quel que soit son statut ou sa nationalité, puisse accéder aux prestations dont elle-il a le droit. En effet, malgré les dispositifs en place, les études portant sur le non-recours démontrent qu’une portion significative des ayants droit n’accède pas aux prestations sociales. Le non-recours aux prestations s’explique, entre autre, par la complexité des demandes administratives ou encore le sentiment de stigmatisation des ayants droits. Pour y arriver, je compte aussi renforcer la coordination entre tous les acteurs chargés de mettre en œuvre l’aide sociale.

 

Enfin, j'en appelle à la responsabilité des employeurs et employeuses, tout particulièrement ceux de l'économie domestique. Leur engagement sera déterminant pour le renforcement de notre pacte social.

Lien permanent 4 commentaires

Commentaires

  • Ah la gauche bobo!!! Et les femmes suisses qui sont dans la précarité qui cherche aussi des heures de ménage qui les écoute et qui leur donne du travail? En tout cas pas vous! Je parlais il y a quelques mois avec une dame sud américaine qui est là depsui près de 17 ans, elle a perdu presque tous ses clients au profit d'autres sud américaines qui viennent d'arriver et qui demande un peu moins de l'heure, alors cette dame est aux aides sociales, depuis quelques mois!!! Est ce que ce manège va durer encore longtemps? Genève ville et canton c'est 14 milliards de dette, il semble que cette info vous a a totalement échappée!

  • Comme je vois que je suis publié, j'ose une petite annexe! Que font les parents des enfants de 11/12 ans qui passent leur temps dans les cours d'écoles à boire de l'alcool fort et à se droguer? Il y en a dans le cour en face de chez moi, je vois bien que ces jeunes ne vont pas bien, qui s'en occupe, qui essaye de les sortir de ce traquenard??? En tout cas pas leurs parents! j'ai contacté la protection des mineurs et le service des écoles de la Ville, ce drame n'intéresse absolument personne, mais il est hélas, en rapport avec cet article!

  • Au niveau fédéral, un changement si il y aura, viendra après une votation, et ce sera un non clair.

    Reste le canton, et là, avec une dette structurelle, je vois mal dépenser des millions pour des illégaux. Papyrus II, après ce qui semble être un échec du premier, je doute que les genevois l'accepteront, et le CF j'en doute aussi.
    En tous les cas, ce sera à Genève seul d'assurer financièrement.

    Il y a eu partout que des échecs lorsque la régularisation a été utilisée. Et pour cause, le migrant va là où les conditions sont bonnes.

    Comment améliorer le sort des illégaux sans en attirer d'autres et mettre à mal les finances du sociales ? Impossible.
    Genève est entrée dans une spirale, l'afflux d'illégaux n'est pas un hasard. Et il n'y aura pas de solidarité suisse avec Genève.
    Quant aux villes de gauches hors Genève, je crois qu'aucune ville n'a envie de suivre l'échec genevois. D'ailleurs aucun canton n'en veut de Papyrus.

    Réinventer la roue, ne va pas résoudre le problème. Il faudra plus d'idées et moins d'idéologie, rien que pour stabiliser la tendance sur Genève.

  • Et si, plus facilement, les fonctionnaires Genevois commençaient à appliquer la loi ? Je travaille à Zurich... la différence est sidérante !

    Les policiers arrêtent les criminels, sans obstruction du politique, les services publics sont ouverts et fonctionnent ET les lois sont appliquées.

    Considérez-vous vraiment que la loi est inutile, que les illégaux sont ici chez eux et qu'il est fachiste d'attendre de nos autorités d'appliquer les exécutions des renvois ?

    Question simple:
    - Combien de fonctionnaires traitent à Genève l'entrée des étrangers et combien de fonctionnaires traitent de l'exécution des renvois ?

    On m'a répondu: 530 fonctionnaires pour régler les conditions d'admission à Genève et 8 (!) fonctionnaires pour se charger d'exécuter les renvois. Vrai ???

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