Confinement et familles : quel rôle pour la Ville de Genève ?

Imprimer

La pandémie du COVID-19 s’est invitée au deuxième tour de la campagne au Conseil administratif de la Ville de Genève. Bien que l’urgence ne soit pas pour beaucoup d’habitantes et d’habitants de la Ville aux discussions sur la campagne électorale, la démocratie ne saurait être suspendue durant cette période. Le politique est plus que jamais central en temps de crise. L’étymologie grecque de ce mot, « décision, jugement », nous le rappelle. L’échelon communal a un rôle crucial à jouer.

Cette crise, qui nous pousse à rester dans nos logements, fait ressortir les symptômes des nombreux maux de notre société. Le confinement est un révélateur des inégalités sociales, des fragilités individuelles et du manque d’encadrement de certaines situations complexes. Le risque de drames humains au sein des familles est très élevé et ne cessera d’augmenter à mesure que la durée du confinement se prolongera.

Confinement des enfants, école à la maison, manque d’attention causé par la multiplication des divertissements, malbouffe ou alimentation insuffisante, alcoolisme et violences domestiques sont autant de facteurs qui peuvent conduire à des situations désastreuses pour les familles. Nous ne pouvons pas nous permettre de sous-estimer les conséquences de cette période inédite. Les drames ne seront pas tous visibles et certains se traduiront sur le plan social, culturel, psychologique et affectif. C’est là que le rôle de la Ville de Genève est primordial.

Comme nous le relevions dans une motion déposée à la fin de l’année passée, la Ville doit développer les appartements-relais pour permettre aux familles qui dysfonctionnent de pouvoir se séparer physiquement, pour permettre aux femmes, dans le 85% des cas, de ne pas continuer à vivre avec leur agresseur. La presse s’est déjà fait l’écho d’une augmentation des situations qui s’enveniment du fait de la promiscuité induite par le confinement et qui débouchent sur des violences domestiques. Des mesures urgentes doivent être appliquées pour venir en aide aux familles qui en ont besoin. La Ville de Genève doit les soutenir dans cette épreuve tout comme elle doit prendre en charge les auteurs de violence pour éviter la récidive.

Par ailleurs, cette crise doit nous servir de leçon pour la suite. Les politiques publiques qui seront mises en œuvre lorsque l’orage sera passé devront impérativement tenir compte des enseignements du confinement. Parce qu’il sera indispensable de nous préparer si cela devait se reproduire. Il faudra pour cela veiller à réduire au maximum les inégalités, prendre en considération les besoins réels d’espace de vie en termes de logement pour les familles, soutenir les enfants qui ne peuvent pas compter sur leurs parents pour leurs études, notamment au travers du développement du mentorat, comme nous l’avons aussi proposé au travers d’une motion, notamment pour éviter toutes les situations qui débouchent sur le décrochage scolaire.

Il est aussi nécessaire d’augmenter le nombre de travailleurs.euses sociaux.ales hors murs et d’engager des médiateurs.trices de nuit, notamment pour renouer le lien et le dialogue avec les jeunes gens et jeunes filles qui sont livrés à eux-mêmes pour intervenir avant que des drames ne se déroulent.

La Ville doit également songer à tous ces enfants qui aujourd’hui ne peuvent plus bénéficier des cantines scolaires pour avoir un repas quotidien équilibré du fait du confinement et qui sont confrontés à la malbouffe, voire qui n’ont pas assez à manger. Là aussi, une politique publique responsable nécessite la mise en place de campagnes de prévention et d’information dès le plus jeune âge pour donner aux habitantes et aux habitants les connaissances nécessaires leur permettant d’effectuer des choix éclairés en matière d’alimentation. Et, bien entendu, il est indispensable que les repas servis dans les cantines scolaires et les crèches de la Ville soient issus d’une production locale et biologique à chaque fois que cela est possible.

L’urgence de la situation n’efface pas l’importance de la politique sociale de proximité assumée par la Ville de Genève. Au contraire, elle en souligne l’importance. Nous ne pouvons pas mettre de côté toutes ces problématiques soulevées par le confinement et nous avons le devoir, en tant que responsables politiques, de réfléchir dès maintenant aux mesures à appliquer. Bien que la période soit exceptionnelle, nous ne pouvons pas mettre la politique en pause. Notre démocratie doit fonctionner et nous devons rester vigilant.e.s et dénoncer toute forme de surveillance accrue ou d’autoritarisme qui pourraient prendre forme durant cette crise. Il est important que les délibératifs et les parlements puissent à nouveau siéger par le biais d’outils numériques si nécessaire. C’est pourquoi je salue la décision du Conseil d’Etat de maintenir ce deuxième tour et encourage les habitantes et les habitants de toutes les communes à voter (par correspondance puisque les bureaux de vote seront fermés) jusqu’au mercredi 1er avril.

Lien permanent 1 commentaire

Commentaires

  • Bien joli tous vos projets

    Une petite question qui va payer tous ces projets délirants???

    Comme d’habitude la classe moyenne qui doit payer quand on sait que la moitié ne paye pas d’impôts
    Plus tous les fonctionnaires de la Geneve internationale

    Quelles économies dans les nombreuses dépenses et subventions inutiles par exemple

    Ville de Genève un immense gaspillage !!!!

    Meilleures salutations

Les commentaires sont fermés.