Dans l’attente d’un véritable congé parental : améliorons le congé paternité en Ville!

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Victoire d'étape ce 14 octobre! Le Conseil municipal de la Ville de Genève vient de renvoyer à la commission de la cohésion sociale et de la jeunesse ma proposition de délibération pour un congé paternité de 8 semaines.

Les Chambres fédérales ont récemment décidé d’introduire un congé paternité de 2 semaines en modifiant la loi désormais intitulée «Loi fédérale sur les allocations pour perte de gain en cas de service, de maternité et de paternité». Bien que cette décision ne constitue qu’un premier pas timide vers la modernité, elle n’en a pas moins des conséquences positives: les pères pourront obtenir un congé paternité de deux semaines financées par les allocations pour perte de gain.

Jusqu’ici, la Ville de Genève proposait à ses collaborateurs un congé paternité de 4 semaines dont elle seule en finançait les coûts. Sachant que les bénéfices pour la mère et pour l’enfant d’une plus grande présence et d’une meilleure implication du père dès la naissance sont reconnus, j’ai déposé au Conseil municipal avec le Parti socialiste un projet de délibération en faveur d’une révision de l’article 70 du statut du personnel pour introduire un congé paternité de 8 semaines.

La Ville de Genève financerait donc 6 semaines de congé paternité, les deux autres étant couvertes par l’allocation pour perte de gain. C’est effectivement deux semaines supplémentaires à financer par rapport à la situation actuelle, mais c’est aussi un signal fort de la part de la Ville de Genève dans l’attente d’un véritable congé parental à l’échelle du pays. La politique fédérale des petits pas ne doit pas nous faire oublier les intérêts des familles et en particulier des enfants!

Cette proposition s’inscrit dans un véritable choix de société. Tout d’abord, celui de l’égalité entre les hommes et les femmes. En effet, un congé paternité d’au minimum 8 semaines favorise une répartition plus égalitaire des tâches familiales et domestiques. En outre, cela encourage le retour à l’emploi des femmes, garantit leur indépendance financière et leur assure une retraite. A l’heure actuelle, beaucoup de femmes sont licenciées au retour du congé maternité et/ou ne retrouvent pas de travail, d’autres encore ne sont pas engagées du fait qu’elles sont en âge de procréer. Cela génère des inégalités salariales, créent des situations de dépendance et amènent des femmes dans des situations de forte précarité à la retraite.

Le congé paternité participe aussi du bien-être familial. Les effets positifs ont été démontrés tant sur la santé du bébé que de la mère, le développement affectif et cognitif du bébé et cela est d’autant plus vrai pour les familles défavorisées au niveau socio-économique.

Notre société a trop tendance à privilégier l’analyse des coûts à court terme, plutôt que d’observer la vue d’ensemble. En ce sens, un congé paternité permet aux travailleuses et travailleurs de s’épanouir personnellement et familialement, ce qui apporte au final un bénéfice également pour les entreprises.

La Ville de Genève doit continuer à utiliser son statut de cité internationale et de grande ville de Suisse pour replacer au centre du débat des questions de société fondamentales. L’ancien Premier ministre britannique Winston Churchill disait d’ailleurs qu’«il n’y a pas de meilleur placement pour un pays que de mettre du lait dans ses enfants». Il est temps d’inverser la tendance et de donner toute son importance au domaine de la petite enfance.

En comparaison européenne, la Suisse accuse un lourd retard sur la question du congé paternité et du congé parental. La moitié des pays de l’OCDE prévoient un congé parental d’au moins 43 semaines ! L’Allemagne, bien souvent décrite comme le poumon économique de l’Union européenne, a instauré un congé parental de 12 mois! Ni les entreprises ne sont parties, ni l’Etat n’a fait faillite. Ce n’est qu’une question de volonté politique.

J’aspire à ce que la Ville de Genève soit à l’avant-garde du progrès social et de l’égalité entre hommes et femmes. Ces 8 semaines de congé paternité sont un bon moyen de donner à notre commune l’occasion de montrer une fois de plus le chemin vers le progrès et de poursuivre ce combat jusqu’à ce que Berne instaure un véritable congé parental d'au minimum 38 semaines.

Lien permanent 3 commentaires

Commentaires

  • Excellente initiative car, de cette manière, les parents pourront se tirer en vacances en laissant leur môme dans les crèches !! Bonnes vacances en avion bien sûr !!

  • Je n'aime pas trop les comparaisons internationales, parce qu'elles n'ont aucun sens, sinon de définir la priorité des pays. L'Allemagne a des problèmes de natalité, alors que la Suisse souffre de sa hausse de population. Forcément la générosité est politique en Allemagne.

    L'autre aspect, c'est la responsabilité individuelle dans le choix de vie qui est reporté sur l'Etat.

    Un autre point, il ne faut pas me dire que les femmes sont souvent licenciées après l'accouchement. Et je ne vois pas en quoi, 2 mois pour le père éviterait ce problème. Pour moi, le licenciement intervient à ce moment là, parce que c'est l'occasion de virer lâchement une personne qui ne satisfait pas plutôt que pour une raison financière. La raison financière est un problème pour les séniors.

    En résumé, je n'ai rien contre 2 mois, sauf si c'est une spécificité de fonctionnaires. Les contribuables n'ont pas à se serrer la ceinture pour cette "caste".
    Ce serait bien de penser à diminuer la pression fiscale au lieu de courir derrière la société idéale à coup de millions.

  • Ce n'est pas la Ville de Genève qui financera ce projet mais, hélas, les contribuables !!!

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