13/05/2016

Coupes dans le budget de la Ville de Genève : le PLR et le PDC persistent dans le catastrophisme financier. Démontage de leurs arguments.

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai découvert le flyer que le PLR et le PDC de la Ville de Genève ont commencé à distribuer en vue de la votation du 5 juin. Je m’étais en effet engagée à répondre à leurs arguments dans mon précédent blog.

 Ainsi, malgré la récente publication des comptes 2015 de la Ville de Genève qui présente un boni de 39,5 millions de francs, le PLR et le PDC persistent à justifier la coupe de 4,4 millions de francs dans le budget des dépenses générales et de 3,2 millions de francs dans les subventions par la soi-disant mauvaise santé financière de la Ville.

 Alors, que nous montre ce flyer ? Au recto, on voit un enfant marchant péniblement la tête baissée, écrasé par un sac à dos rempli de pavés représentant sans doute le poids d’une dette de 1,6 milliard de francs, avec le slogan « pensons aux générations futures ».

 Au-delà du fait que les générations futures ont surtout besoin de perspectives favorables en matière de formation, d‘emploi, de logement, d’accès à la culture et au sport, etc., il est important de rappeler que le poids réel de la dette de la Ville de Genève, soit les intérêts payés, ne représente que 2% du total des charges. On est donc loin du boulet qui empêcherait ce pauvre enfant d’avancer sereinement sur le chemin de la vie, surtout que cette dette sert à financer les infrastructures indispensables au développement de la Ville. A titre de comparaison, rappelons par exemple qu’en 2002, la part des intérêts payés dans les charges de la Ville se montait à 8%.

 Au verso du flyer, le PLR et le PDC nous présentent 4 graphiques censés nous aider à comprendre pourquoi il faudrait couper linéairement dans le budget de la Ville. Ces 4 graphiques représentent tout ce qu’il ne faut pas faire lorsqu’on veut présenter honnêtement et factuellement des données chiffrées.

 Le 1er graphique compare les dépenses pour la culture, par habitant, des 5 plus grandes villes de Suisse. Forcément, la Ville de Genève dépasse toutes les autres, et de loin. Toutefois, le PLR et le PDC omettent volontairement d’indiquer que, d’une part, la répartition des tâches canton-communes est fort différente d’un canton à l’autre (il aurait donc fallu comparer les dépenses des cantons avec leurs communes) et que, d’autre part, Genève est un canton-ville-centre, à savoir que ses charges, tout comme ses revenus, concerne l’ensemble de la région et non pas ses seuls habitants. Par exemple, de nombreux abonnés au Grand-Théâtre travaillent et payent des impôts à Genève, alors qu’ils vivent en France voisine.

 Le 2ème graphique compare le nombre de logements construits pour 1'000 habitants des 5 plus grandes villes. En quelle année ? Ce n’est pas indiqué… Et évidemment, Genève présente le taux le plus faible. Mais quel est le rapport avec les coupes budgétaires ? Strictement aucun. En revanche, il y a certainement un lien avec la densité. Or, Genève a la densité la plus forte des 5 villes, ce que le PLR et le PDC ne mentionnent pas…

 Le 3ème graphique montre l’évolution de la dette de la Ville de Genève entre 2012 et 2016 (ah bon ? l’exercice 2016 était fini ?). Les deux axes du graphique ont été particulièrement bien choisis pour la démonstration… Il aurait en effet certainement été plus honnête (comme l’a fait la Tribune) de montrer le même graphique depuis 2007 (ou même avant) où l’on voit globalement une diminution de la dette. Le PLR et le PDC auraient pu aussi nous expliquer ce qui a causé l’augmentation de la dette en 2013… N’est-ce pas dû au versement de 120 millions de francs à la caisse de pension de la Ville votée à l’unanimité des groupes PLR et PDC, rendu obligatoire par une réforme discutable demandée à Berne par le PLR, le PDC et l’UDC?

 Le 4ème graphique montre l’évolution des dépenses de la Ville, par habitant, entre 2002 et 2016. Cette fois, contrairement au précédent graphique, le PLR et le PDC ont retrouvé des chiffres antérieurs à 2012... Alors oui, les dépenses brutes ont augmenté pendant cette période. Mais une fois de plus, l’information n’est pas complète et prête à confusion. En premier lieu, il aurait fallu aussi montrer en parallèle la forte augmentation des revenus par habitant sur la même période. En deuxième lieu, il aurait été plus pertinent de distinguer les charges d’exploitation (salaires, dépenses générales, subventions) des autres charges qui augmentent mécaniquement avec les revenus (provision pour débiteurs fiscaux, versement aux communes frontalières, etc.) ou avec les investissements (amortissements). Ainsi présentées, il n’est pas certain que le PLR et le PDC pourraient continuer à utiliser l’évolution des dépenses de la Ville dans le temps pour leur démonstration… Au contraire, on verrait alors une excellente maîtrise des charges de la part de notre Conseil administratif à majorité de gauche!

Ce n'est pas pour rien si Standard & Poor's Ratings Services souligne précisément dans son rapport du 13 novembre 2015 l'économie très forte de la Ville de Genève, la bonne gouvernance et l'excellente gestion financière de la Ville de Genève, dont la Conseillère administrative socialiste Sandrine Salerno a la charge. 

Bref, malgré des slogans accrocheurs et un flyer bien léché, le PLR et le PDC ne sont pas encore prêts à nous donner des leçons en matière de finances publiques (l’UDC et le MCG non plus, j’y reviendrais dans un prochain blog). 

 Et le 5 juin, la population ne s’y trompera pas et votera 2 X NON aux coupes budgétaires, en montrant son attachement à une ville sociale, solidaire, créative, vivante et dynamique !

 

unevillequivit.jpg

00:47 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |