23/04/2016

Les comptes de la Ville, leur mine déconfite et des coupes budgétaires injustifiées

J’étais assise de l’autre côté de la table, en face d’eux. C’était un mercredi, pendant la pause de midi. J’ai vu leur mine déconfite, leur regard consterné, leur soupir atterré et l’inquiétude poindre dans leur regard au fur et à mesure que le powerpoint se déroulait. Les représentants de la droite élargie de la Ville de Genève (PDC, PLR, UDC et MCG) avaient quitté le masque de superbe et d’arrogance qu’ils arboraient depuis leur victoire, il y a maintenant une année.

Mais que se passait-il donc ? Venait-on de dévoiler les Cayman Islands Papers, avec ceux du Panama, dans lequel figureraient d’éminentes personnalités de leurs partis ? Les bourses venaient-elles de s’écrouler ? Ou bien est-ce que la Confédération devait encore une fois partir à la rescousse d’une grande banque pour éviter qu’elle ne tombe en faillite ?

Eh bien non ! Rien de tout cela. Vous n’y êtes pas du tout.

Nous étions en commission des finances et Sandrine Salerno, notre excellente Conseillère administrative en charge des finances, était en train de nous présenter, en primeur, le résultat des comptes 2015 de la Ville de Genève. Et si la droite était aussi abasourdie, c’était uniquement parce que ces comptes présentaient un excédent de revenus de 39,5 millions de francs (un boni, un bénéfice quoi !), des investissements quasi-autofinancés et une dette stabilisée. Mais enfin, la droite ne pouvait-elle pas s’en réjouir ou, au moins, s’en satisfaire ? Bien sûr, personne ne s’attendait à ce qu’elle félicite le Conseil administratif pour sa bonne gestion de deniers publics, même le PDC qui est pourtant représenté dans l’exécutif municipal.

Pour comprendre  l’attitude de la droite élargie, il suffit  seulement de rappeler deux dates.

La première, c’est le 15 décembre 2015. Après avoir dans un premier temps refusé d’étudier le projet de budget 2016 du Conseil administratif, la droite élargie a fini par voter un budget en procédant à des coupes linéaires (lesquelles sont la négation de tout choix politique et donc l’absence de tout projet politique de cette nouvelle majorité…) justifiées par la catastrophe financière assurée des comptes 2015, un déficit abyssal et une dette qui allait exploser. On sait aujourd’hui que ce discours n’était en rien différent de celui que la droite nous tient chaque année : de l’alarmisme et de la mauvaise foi.

La deuxième, c’est le 5 juin 2016. Les électeurs genevois se prononceront sur le référendum contre ces coupes injustifiées, lancé par la gauche, le monde associatif et tous ceux qui sont concernés par le bon fonctionnement de la Ville de Genève et le maintien de ses prestations à la population.

La campagne pour les votations du 5 juin va s'intensifier ces prochains jours. La droite (toute la droite élargie ?) devra trouver de nouveaux arguments, autres que la santé financière de la ville, pour justifier ces coupes. Je me réjouis de les entendre. En tant que conseillère municipale socialiste, je m'engage à leur répondre systématiquement et précisément. Ici et dans la rue.

13:41 | Tags : comptes, ville de genève | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Et bien c'est la preuve que le budget était surdimensionné et que ça va être l'occasion de diminuer la charge fiscale pour tous.

Parce que l’autosatisfaction dépend essentiellement du point de comparaison, on prend ZH ?

Écrit par : Eastwood | 24/04/2016

Comparaison n'est pas raison si vous n'effectuez pas une véritable analyse! En effet, sachez que la classe moyenne inférieure à Genève paie moins d'impôts qu'à Zurich! En outre, vous savez bien que les impôts permettent d'avoir des prestations de qualité pour toutes et tous : Fête de la musique, CinéTransat, la scène Ella Fitzgerlad, etc. 2xNON aux coupes budgétaires le 5 juin prochain! Défendons notre Ville!

Écrit par : Claire | 25/04/2016

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